ArtSèves
La tourbière de Sèves se répartie sur sept communes du Pnr des Marais du Cotentin et du Bessin. En 2021, l’État n’a pas renouvelé son autorisation d’exploitation puis, en 2024, a décidé d’appuyer le territoire face à la remontée des niveaux d’eau, en accompagnant financièrement les exploitants agricoles les plus impactés et la création d’une Réserve naturelle Nationale.
Cette transition, avec une échéance et des paramètres connus, préfigure les changements qui s’opéreront sur d’autres territoires. Les enchevêtrements étroits entre enjeux socio-économiques et symboliques, lutte contre le changement climatique, préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, imposent de mettre en lumière une trajectoire holistique qui permettra aux décideurs, avec l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires, une articulation du projet de territoire.
Les habitant·es de ce territoire, ayant la tourbière en partage, font à présent face au défi de prendre cet enchevêtrement « biodiversité-climat-développement-local » à bras le corps. Il s’agira de cultiver la mémoire du passé (les racines), de tirer fierté des décisions et dynamiques en cours (le tronc), et d’étendre leurs imaginaires vers un avenir dont ils seront pleinement les acteurs (le houppier, vers le ciel). ArtSèves ambitionne de mettre en récit performatif cet enchevêtrement d’interactions complexes qui représente une opportunité fondamentale de faire progresser les enjeux sociétaux et les connaissances scientifiques associées.
Théâtre (arts-sciences) - Tout ce qui reste à venir
Tout ce qui reste à venir raconte l’histoire des villages situé au bord d’un marais — et de celles et ceux qui y vivent.
Que signifie vivre dans un monde abîmé? Assister à la disparition de ce que l’on connaissait ? Quels chants, quels récits nouveaux récits naissent de ces bouleversements ? Que signifie être confronté-e à ces situations « où existe une menace de perdre définitivement ses modalités d’être au monde, matérielles et immatérielles. » comme l’écrit Jean-Paul Vanderlinden. Comment faire le deuil d’un monde qui n’existera plus dans celui qui viendra ? Et dans lequel pourtant on aura tout vécu?
Après le pays innocent et conjurations, grâce un financement du programme ERABLE, « Tout ce qui reste à venir » s’inspirera de rencontres menées sur le territoire du Cotentin et du Bessin, autour du projet de restauration de l’ancienne tourbière de Sèves, en collaboration avec les scientifiques d’Art Sèves.
Comme chez Svetlana Alexievitch, dont les œuvres (notamment La fin de l’homme rouge) tissent des polyphonies humaines à partir de témoignages, nous souhaitons composer une fiction qui s’inspirera des voix d’un territoire en mutation.
Ce projet naître de regards d’artistes, d’habitant-e-s et de scientifiques : pour interroger ce que signifie vivre dans un monde abîmé, et ce qui peut renaître sur les ruines de l’exploitation passée.
Membres impliqué·es
- Charlotte da Cunha (porteuse pour le CEARC)
- Jean-Paul Vanderlinden
https://erable.archi.fr/projets/artseves
https://www.lecollectifeskandar.net/creation/tout-ce-qui-reste-a-venir



