Publication: « Plastics used in agriculture and for food: uses, properties and impacts. Summary report of the collective scientific assessment »

Three reports resulting from a collective research effort coordinated by INRAE and the CNRS, to which Mateo Cordier contributed, are now freely available in PDF format on HAL:

These reports address the uses, properties and impacts of plastics used in agriculture and for food. A brief summary is provided below.

These reports synthesize the findings of the collective scientific assessment (ESCo) conducted by INRAE and the CNRS on plastics used in agriculture and for food, at the request of the French public authorities. Based on an extensive review of the international scientific literature, the analysis adopts a systemic and interdisciplinary approach, covering the entire life cycle of plastics (from production to their environmental fate) as well as their health, environmental, economic and social impacts. The reports show that plastics have become essential infrastructures of contemporary food systems, particularly downstream of production (packaging, transport, processing and distribution), but also in agriculture (mulching films, greenhouses, irrigation systems and coated inputs). This widespread diffusion relies on their technical properties (lightweight, flexibility and durability), but has led to a strong structural dependence of food systems on plastics. The diversity of uses is based on complex formulations combining polymers and additives, making plastics difficult to substitute, recycle and assess in terms of sustainability. Despite their theoretical recyclability, the majority of plastics are not effectively recycled, and waste management systems remain partial, poorly traceable and largely insufficient. Plastics and their fragments (micro- and nanoplastics) are now present across all terrestrial ecosystems, agricultural soils, living organisms and the food chain, in addition to marine ecosystems. Available evidence points to demonstrated risks for ecosystems and human health, which are likely to be substantially underestimated due to methodological limitations and data gaps. Finally, the reports show that dominant sustainability approaches (particularly life cycle assessment, recycling and substitution with bio-based plastics) are insufficient to address the systemic challenges posed by plastics. They question the very possibility of making the current plastics system in agriculture and food sustainable, and call for strategies to reduce plastic production, transform practices and strengthen interdisciplinary research, fully integrating health, environmental and social dimensions.

 

Trois rapports issus d’un travail collectif coordonné par INRAE et le CNRS et auquel Mateo Cordier a contribué sont désormais disponibles en PDF en accès libre sur HAL:

 

Ces rapports portent sur les usages, propriétés et impacts des plastiques utilisés en agriculture et pour l’alimentation. En voici un résumé :

Ces rapports synthétisent les résultats de l’expertise scientifique collective (ESCo) menée par l’INRAE et le CNRS sur les plastiques utilisés en agriculture et pour l’alimentation, à la demande des pouvoirs publics français. Fondée sur une revue approfondie de la littérature scientifique internationale, l’analyse adopte une approche systémique et interdisciplinaire, couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques, de leur production à leur devenir environnemental, ainsi que leurs impacts sanitaires, écologiques, économiques et sociaux. Le rapport montre que les plastiques se sont imposés comme des infrastructures essentielles des chaînes alimentaires contemporaines, en particulier en aval de la production (conditionnement, transport, transformation, distribution), mais aussi en agriculture (films de paillage, serres, irrigation, intrants enrobés). Cette diffusion massive repose sur leurs propriétés techniques (légèreté, flexibilité, durabilité), mais engendre une forte dépendance structurelle des systèmes alimentaires aux plastiques. La diversité des usages repose sur des formulations complexes associant polymères et additifs, rendant les plastiques difficiles à substituer, à recycler et à évaluer du point de vue de la durabilité. Le rapport souligne que, malgré leur recyclabilité théorique, la majorité des plastiques n’est pas effectivement recyclée, et que les filières de gestion des déchets restent partielles, peu traçables et largement insuffisantes. Les plastiques et leurs fragments (micro- et nanoplastiques) sont désormais présents dans tous les écosystèmes continentaux, les sols agricoles, les organismes vivants et la chaîne alimentaire, sans parler des écosystèmes marins. Les connaissances disponibles mettent en évidence des risques avérés pour les écosystèmes et la santé humaine, bien que ceux-ci soient probablement largement sous-estimés du fait de limites méthodologiques et de lacunes dans les données. Enfin, ces rapports montrent que les approches dominantes de durabilité (notamment l’analyse de cycle de vie, le recyclage ou la substitution par des plastiques biosourcés) sont insuffisantes pour répondre aux enjeux systémiques posés par les plastiques. Ils concluent en interrogeant la possibilité même de rendre durable le système actuel des plastiques en agriculture et pour l’alimentation, et appelle à des stratégies de réduction de la production de plastiques, de transformation des pratiques et de recherche interdisciplinaire, intégrant pleinement les dimensions sanitaires, écologiques et sociales.