Soutenance de thèse par Idrissa Kane

« Gouvernance intégrée du risque dans la perspective d’adaptation des communautés côtières aux changements climatiques : une analyse empirique des représentations sociales de la résilience »

Idrissa Kane

Lundi 05/12/2016 à 14H30

OVSQ salle 2202

 

Résumé :

Cette thèse pose et explore ici les possibilités de « dialogue des connaissances » entre scientifiques et communautés locales concernant la mise en place des stratégies de résilience en vue de l'adaptation aux risques côtiers attribués aux changements climatiques. Ce dialogue porte sur la question des représentations paradigmatiques, des valeurs et des enjeux matériels. Ce dialogue des connaissances, prôné au sein de la communauté scientifique et réclamé par le public large, s'impose de plus en plus vu la complexité des questions de sociétés liées au climat et aux visions du monde différentes. La rationalité technocentrée a toujours dominé dans les réponses aux défis liés à l'adaptation. Cependant, au nom de la gouvernance intégrée, cette approche est de plus en plus battue en brèche par les communautés locales du fait de leur fort engagement dans la proposition d’alternatives socialement co-construites. Dans le premier article « Communicating risk through a DSS: a coastal risk centered empirical analysis », nos recherches portent sur le conflit de représentations opposant scientifiques et acteurs locaux à propos de la nature probabiliste du risque côtier et des options de mitigation des impacts. Ainsi, une communication dialogique, basée sur la prise en compte des heuristiques de valeurs des acteurs locaux, est nécessaire. Dans le deuxième article « L'utilisation du concept polysémique de résilience: une analyse empirique en milieu côtier », nos recherches portent sur le choix de sens à propos du mot résilience à travers les politiques publiques de gestion du risque côtier. Ce concept, eu égard à son histoire et son évolution à travers ses différents usages disciplinaires, a posé, outre le problème de polysémie liée à sa forte utilisation, un manque de consensus sur le sens adéquat. Dans le troisième article «Vulnérabilité et résilience, entre conceptions déterministes et non déterministes : les sciences du risque côtier à la croisée des chemins », il s’agit de questionner les choix de modèles et d’approches utilisés par les chercheurs pour analyser et intervenir sur les systèmes côtiers. Construisant sur les résultats des premiers articles, cet article constitue une proposition unique de basculement paradigmatique dans le traitement conceptuel et opérationnel de la gouvernance des socio-écosystèmes complexes. La forme de présentation adoptée (thèse par articles) est faite dans le respect des principes et techniques rédactionnels requis, approuvée dans le monde académique (ici l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). Les trois articles sont étroitement liés par leurs thématiques respectives. Ceci explique la cohérence de la recherche menée et des résultats obtenus. Dans la méthodologie, la recherche s'appuie sur une démarche empirique en partant d’une démarche théorique ayant trait aux concepts étudiés. La méthode de collecte de données est les entretiens semi-directifs, focus groupe, muni de questionnaires thématiques. La méthode de traitement des corpus empiriques s’est effectuée par le codage dans ATLAS.ti. La méthode d’analyse des corpus est faite par l’approche théorisation ancrée itérative. Le public cible est les scientifiques du projet THESEUS et les communautés côtières de trois sites d'expérimentation du projet (Gironde en France, Santander en Espagne et Cesenatico en Italie). Dans la conclusion, d'abord il a été admis que les tensions paradigmatiques compromettent l'efficacité des systèmes d'aide à la décision et la nécessité d’un consensus entre heuristiques sur le risque côtier ; ensuite, les mêmes conflits de paradigmes ont des conséquences dans le redéploiement opérationnel du concept de résilience et qu'un dialogue sur le sens du concept puisse être établi de façon épistémologiquement robuste ; enfin, il est primordial que soit établi une articulation fine entre choix de sens, déploiement opérationnel et représentations paradigmatiques sous-jacentes aux concepts déployés.

 

Abstract :

This PhD sets and explores the possibilities of « dialogue of knowledge » between scientists and local communities about resilience strategies implementations for climate coastal risks adaptation. This dialogue focuses on questions of paradigmatics representations, values and materials issues. This dialogue of knowledge, advocated by scientific community and claimed by wide audience, is increasingly needed due to complex societal problems related to climate change and different world visions. The technocentered rationality has always been an approche which dominate in the responses to the challenge of adaptation. However, in the name of integrated gouvernance, this approach is more and more contested by local communities due to their strong engagement in proposing socially co-constructed alternatives. In the first paper « Communicating risk through a DSS: a coastal risk centered empirical analysis » our research focus on the conflict of representation between scientists and local stackeholders about the probabilistic nature of coastal risk and the impacts mitigation options. Thus, a dialogic communication, based on taking into account heuristic values of local actors, is necessary. In the second paper « L'utilisation du concept polysémique de résilience: une analyse empirique en milieu côtier » our research focus on the choice of meaning of resilience concept through public policy of coastal risk management. This concept, considering its history and evolution through its various disciplinary practices, has raised, in addition to problem of polysemy due to its high use, a lack of consensus on the suitable definition. In the third paper «Vulnérabilité et résilience, entre conceptions déterministes et non déterministes : les sciences du risque côtier à la croisée des chemins », it is to questionne the choice of models and approaches used by reseachers to analyse and intervene on the coastal system. Building on the two first papers, this pape ris an unique proposition of paradigmatic tilt in the conceptual and operational processing of socio-ecosystems gouvernance. This way of presentation (thesis structured by papers) is done in accordance with required principles and technics of redaction approved by academic world (here, the University of Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). The three papers are closely linked in their respective thematic. This explain the coherence of the conducted research and the obtained results. In the methodology, the research is built/base on an empirical approach starting from an theorical approach related to the concepts studied. The method of datas collection is semi-structured interviews, focus group, with a thematic questionnaire. The method of datas processing is done by coding these latter in ATLAS.ti. The method of datas analysis is done by iterative grounded theorisation. The targeted audience is the scientific involved in the THESEUS project and the coastal communities lived in three experimental coastal settings of the project (Gironde in France, Santander in Spain and Cesenatico in Italia). In the conclusion, it is first admitted that paradigmatic tensions can compromise the efficacity of decision support system process and the need of consensus between heuristics on the coastal risk ; second, the same paradigmatic conflicts have some consequences in the operational deployment of resilience concept and it requires a dialogue about the signification of this concept in an epistemologically robust way. Finally, it is primordial to found a neat articulation between the choice of meaning, the operational deployment and the paradigmatic representations underlying the displayed concepts.

 

Membres du jury :

  • M. Jean-Paul VANDERLINDEN, Professeur des universités, UVSQ, FRANCE - Directeur de these
  • M. Christian GORINI, Professeur des universités, UPMC, FRANCE - Rapporteur
  • M. Alioune KANE, Professeur, Université Chekh Anta Diop de Dakar, SENEGAL - Rapporteur
  • Mme Julie GUILLEMOT, Professeur, Université de Moncton, CANADA - Examinateur
  • M. Yorghos REMVIKOS, Professeur des universités, UVSQ, FRANCE - Examinateur​